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#JamaisLâcher

L’école de la vie est selon moi la somme de 4 facteurs:

-le parcours éducatif imposé par la société

-les origines sociales dont on hérite

-la philosophie que l’on développe face à nos passions

-la réalité économique que l’on subit.

En 1998, je me souviens d’ un jeune rêveur qui ne savait pas trop où sa passion pour l’écriture et la musique allait le mener. Ce garçon naïf terminait des études de LEA (de la traduction de documents professionnels si je devais résumer simplement ce sigle incompréhensible !) au bâtiment F de la Fac de Nanterre dont les fenêtres donnent encore sur la première entreprise de France : l’ANPE, ex Pôle Emploi. L’angoisse que je développais en découvrant la tristesse du salarié dans le RER, et la solitude parmi des milliers d’autres diplômés en recherche du même CDI, s’est toujours transformée en énergie positive jusqu’ici. Alimentée par des origines sociales moyennes, cette énergie n’est jamais partie car c’est mon essence pour éviter les coups de fil de mon conseiller BNP.

C’est avec le culot propre à l’adolescence, et en écrivant un livre sur ma génération plutôt qu’un mémoire pour finaliser mon diplôme (Lien), que je suis devenu journaliste après un passage dans le tourisme au Smic puis la finance où je gagnais mieux ma vie, mais en m’ennuyant. Malgré des regards inquisiteurs qui ont toujours dit “tu chantes ? mais arrête-toi tu ne passes pas à la TV!”, je n’ai jamais abandonné mes passions jusqu’à les professionnaliser dans une société où les “hobbies” sont cette petite case insignifiante sur un CV. Quelle erreur pour l’éducation d’un homme que de lui apprendre dès l’adolescence qu’il devra cacher ce qui anime vraiment son coeur…La musique, la danse, la mode, le sport, le cinéma, l’écriture, la peinture, l’art. Tant d’activités artistiques, ou non d’ailleurs, que l’on peut transformer en métier malgré ce qui nous est souvent enseigné par des adultes frustrés de les avoir abandonné. Ces professions font peur car elles impliquent un risque économique, mais bien souvent la barrière qui nous en sépare n’est que mentale. J’avais une boule à l’estomac pendant mes premières années dans le monde du travail car ces passions ne me nourrissaient pas. Mais je travaillais avec bien plus de ferveur pour elles, lors de mes RTT et après 18h . Un beau jour, cette boule de nerf est partie lorsqu’à force de maîtrise, j’ai pu vivre de mes écrits et de mes recherches liées à la musique avec l’apparition du social media. J’ai foncé vers ces nouveaux métiers du digital et une carrière de musicien car les métiers qualifié de “sérieux”, en plus de ne pas forcément m’intéresser, ne garantissaient pas non plus un salaire à vie dans une France qui brisait le CDI.

De plus, j’ai compris très vite que l’être humain n’est pas fait pour rester toute sa vie au même poste (c’est pourquoi la fonction publique ne m’a jamais attiré), et que le contrat pousse au bout de quelques mois à la fainéantise. Recevoir le même salaire mensuel avec des promesses d’évolution minables, et sans jamais valoriser le travail effectué, n’encourage à rien d’autre. Je crois davantage en l’entreprenariat car devenir son propre patron développe l’instinct de survie et donc la curiosité. C’est pourquoi je suis devenu indépendant. Il faut cependant payer ses factures (et là attention aux crédits qui sont le boulet déguisé de cette société esclavagiste), donc il s’agit d’aller vers ce qui peut-être le meilleur équilibre TPT: Temps: Passion+Travail. Mes choix se font toujours en pensant tout le temps à cet équilibre, et en me disant que la passion est un travail plaisant, sûrement pas de rêvasser au soleil. Attention à cette nuance qui transforme cet équilibre en Temps : Travail Passion. J’ai du respect pour tous les gens qui travaillent avec passion, qu’ils soient plombier ou coiffeur. J’ai plus de mal pour ma part à servir des causes que je ne défends pas, et je pense qu’aucun homme n’a envie de passer 70% de son temps dans un métier qui l’éteindra à petit feu car il n’en partage pas réellement les convictions. Je reste convaincu que ce chemin de vie peut se faire à tout âge, à condition d’en connaitre par coeur tous les détours. Par ailleurs, des milliers de CV sont envoyés pour un petit poste alimentaire, alors pourquoi toujours se dire que la passion est un choix de vie trop concurrentiel ?

Me voici donc depuis 2013, après une carrière de journaliste musical et high-tech, “entrepreneur en communication digitale”, une expression désignant en réalité la transmission de tout ce que j’ai pu apprendre avec ma musique et un ordinateur depuis 17 ans. Depuis Myspace, WordPress et Photoshop, tous ces réseaux sociaux et ces outils de création et de diffusion numérique sont les supports de ma musique. J’en ai écrit des livres et des tutoriels pour des magazines (FHM, Men’s Health, Vous et Votre Mac, Geek, Femme Actuelle, Grazia etc..). Je suis donc un musicien enseignant de social media, comme un peintre est prof de peinture, un photographe prof de communication.

Je revois donc ce jeune candide de 20 ans marchant instinctivement sous la pluie de Nanterre, et je partage toujours avec lui cette envie de faire connaitre ses chansons et ses écrits au plus grand nombre. Je pense qu’il aurait le sourire en sachant qu’il ferait des duos avec ses chanteurs favoris grâce aux réseaux sociaux, et que toutes ces soirées derrière son ordinateur et son micro lui permettraient un jour de payer ses factures. Il serait également surpris d’apprendre que les plus grandes écoles françaises feraient appel à lui pour prêcher la bonne parole sur le premier média du petit peuple.

G.No

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